Le temps commence à se raffraîchir, & c'est tant mieux d'ailleurs, cet été fut l'abomination même. Vous savez, quand vous touchez le nirvana puis que vous redescendez, vous écrasant salement contre les pavés, la tête la première? Ce fut un peu comme ça. & puis alors? La dépression, je la garde pour la crise de la quarantaine, au fond tôt ou tard tout ça me retomberas sur la gueule. Mais pour l'instant fermons les yeux sur tout ça. Au fond je m'amuse quand même, passant mes après-midi pluvieux avec Aurélien. Je l'aime beaucoup, mais il a pas l'air de s'en rendre compte. Tant pis. Un jour je lui dirais. Les cheveux d'Axel poussent de jour en jour, il ne les coupe plus, on dirait bien. Quel enfant, avec ses rêves & toutes nos gloires passées qu'on se raconte encore parfois. Pourtant ça fait longtemps. Mais il faut bien se rappeler de ce qu'on a aimé, avant. Qu'est-ce qu'on a pû aimer. Les cours de latin se font de plus en plus animés, je crois que mes vacances ont déjà commencé. On en aura faites, de chastes batailles de boulettes de papier & des blagues bon enfant. Je suis en maternelle, eh oui monsieur. Le cercle des sales gothiques devient de plus en plus vastes, & les insultes de plus en plus cinglantes. Mais qu'est-ce qu'on deviendrais, nous, si personne ne venait nous prévenir qu'on a des trous dans le calbute & les cheveux comme la crinière du roi lion? Le calme plat. J'arrive plus à l'aimer, Elle, alors je préfère ne plus lui parler. Au moins comme ça elle comprendras que ce n'est plus possible de faire confiance à quelqu'un qui nous a trainé dans la boue devant les yeux bleus de l'être aimé. & tant pis. De toutes façons un coeur brisé de plus ça changeras rien dans ma vie. Je fais des concerts privés chaques soirs à ma maman. Mais je crois qu'elle fait semblant d'apprécier la mélodie. & puis c'est rien, des paroles franches je n'en rêve plus tellement. Je me laisserais vivre & puis j'attendrais. Julie n'aime pas l'Homme & je ne l'aime pas non plus. C'est le destin, je vous le dis. Alors les cours d'anglais se font avec les commentaires & les rappels à l'ordre en option. Je fais du patin à roulette sur des carambars au caramel lâchement abandonnés sur le trottoir, ça fait rire Elodie mais Elisa me trouve cruelle. Elle, elle préfère shooter dedans. & ça attérit sur le banc des poufs. Evidement c'est moi qui doit aller récuper le malheureux petit bout de compote de sucrerie. Evidement.
& vous, quoi de beau?
Photo : l'Hideuse.